Une existence de survie
Dans un monde gris,
Heurté par le béton
Qui prend tout l'espace de cette dimension.
Une vague fourmille
Dans cette structure,
Qui se construit sur l'usure.
Et c'est le temps ici qu'on me pille.
Car la vague est pressée,
Elle n'existe que sous ce comportement mouvementé.
Elle écrase et digère
Tous ceux qui s'y engouffre.
En son sein tous sont éphémères.
C'est en elle que mon âme souffre.
Ici l'on oublie,
La nature qui survit,
La fleur qui transperce le goudron,
Le lézard qui se cache dans le béton.
Le vivant ? Matérialisé, utilisé.
La vie n'a plus de maison.
Ce qui l'entoure, la société l'a oublié.
L'homme a perdu la raison.
Il s'est perdu dans l'immensité grise.
Dans les travers d'un monde malade.
Les couleurs ? Il les méprise.
Il ne fait que courir, plus de balade.
Alors les frontières se sont tissées,
Les esprits barricadés,
Nous nous sommes enfermés
Dans ce monde bétonné.
Et nous coulons dans ce précipice
Au milieu de nos édifices.
La souffrance s'éternise
Engloutis dans notre propre bêtise.
Persuadés que ces choses nous définissent
Nous nous sommes laissés ensevelir.
Mais nous pouvons nous relever de ce précipice
En puisant dans nos souvenirs,
En inventant une autre architecture
Plus proche de notre nature.
Un monde qui remet en avant
L'existence du vivant.
Un monde où la nature
S'intègre à notre culture.
La vie,
Simplement au centre
De notre philosophie.
Une nouvelle ère où l'on entre.
Ce poème parle de la place du vivant dans nos villes, de la nature qu'on a laissée de côté et du combat permanent pour remettre l'écologie au centre de notre société.
Il parle de la façon dont on a oublié à quel point on avait besoin des plantes, des animaux, d'un air sain pour vivre.
Il parle de la perte du lien avec le vivant et des conséquences de cela sur notre santé mentale et physique.
Il est écrit pour ceux qui se battent pour rendre nos villes plus vertes et pour ceux qui se sentent perdus dans ce monde gris.
J'ai écrit ce poème en vers libre majoritairement structuré en quatrains, à l'exception de deux strophes construites en sizain : la deuxième et la neuvième. La deuxième strophe pour donner au lecteur l'impression d'être emporté par la vague et La neuvième strophe pour mettre en avant l'espoir et l'idée que la lutte continue.
Les vers libres dessinent un rythme marqué par l'alternance entre des vers très courts et des vers plus longs, créant une respiration dynamique.
Les strophes en sizain sont un mélange de rimes suivies et croisées, ce qui les met encore une fois en avant en construisant une rythmique particulière.
Pour les autres strophes, on alterne entre celles en rimes suivies et celle en rimes croisées. Cette alternance crée dans le poème, une scission qui reflète l'opposition entre la nature et la ville dans notre société.
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