Cette peinture fait partie d'une série d'acryliques sur toiles qui tend à normaliser la présence du corps queer hors des espaces de luttes et de fête. Les représentations queers dans les lieux d'exposition cherchent fréquemment à se confronter à un regard hétéronormé qui a tendance à les invisibiliser, et les personnes de la communauté existent rarement - dans les représentations artistiques - sans porter de revendications politiques claires. L'autoportrait proposé ici se veut alors comme la capture d'un instant de souffle par lequel je me laisse "être", sans m'imposer de codes, sans clichés et sans chercher à me confronter aux regardeur.euses cis-hétéros comme un corps marginal et revendicatif.
J'ai cherché, pour cette série représentant généralement des ami.e.s appartenant à la communauté queer dans des espaces fermés et intimes, à garder une forme de liberté et de ludisme dans le geste pictural. Le travail du fond, très coloré et en pointillisme ajoute une dimension onirique et douce à la scène dont la narration reste assez trouble, le but étant de maintenir une forme de justesse dans la représentation du réel tout en dépeignant un univers appartenant au marges. Je lie généralement un travail textuel, parlé ou écrit, à mes projets picturaux.
Partager