Le territoire est un espace en mouvement. Il se construit par des présences qui l’occupent et par différentes temporalités. Ici, le temps long du bâti coexiste avec la croissance lente du végétal et les usages quotidiens de l’habiter. Les toitures terrasses, espaces d’usages, deviennent support d’appropriations, d’installations progressives et de transformations discrètes. Le vivant s’insinue tandis que l'architecture s'efforce de rester. Le lieu devient territoire vivant, animé par ce qui l’habite et le transforme. S’y révèle que le territoire naît tout autant de la matière que des liens vivants qui la traversent et la transforment.
Pour aborder le territoire vivant, je me suis intéressée à des bâtiments que je côtoie au quotidien. Ils constituent un paysage familier en constante évolution où l’architecture en terrasses offre un terrain d’observation des relations entre le vivant et le non-vivant. Le choix d’une prise de vue resserrée sur une portion du bâti permet de révéler à la fois l’architecture et les signes d’habiter. Ce cadrage met en avant volontairement un espace fortement construit et minéral, afin de faire apparaître les formes d’appropriation qui l’animent. Il y a donc celles de l’espace, avec les aménagements des terrasses, et celles du vivant, perceptibles dans les jardinières et plantes en pots. Il s’agit aussi de rappeler que le vivant ne se limite pas à l’animal ou au végétal, mais inclut également les traces humaines, leurs aménagements et les conditions qu’ils créent pour permettre la vie.
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