Dans cette série de peintures sur feuille séchées intitulée Après l’automne, j’interroge la place du vivant dans un monde qui l’oublie, dans lequel nous sommes étrangers à une nature perçue comme ressource, décor ou arrière-plan. Pour aller au-delà de notre anthropocentrisme, je reprends paradoxalement un trait humain, le regard, pour rendre sensible une agentivité occultée. La nature n’est plus ce qui est observé, mais ce qui observe. Elle voit, sait, se désagrège en silence. Les feuilles mortes sont ranimées par ce regard, qui rappelle la résilience du vivant et interroge notre responsabilité, inversant ainsi les hiérarchies habituelles entre sujet et objet, territoire humain et non-humain.
Ainsi, ces feuilles banales, communes au territoire français
Ainsi, avec cette œuvre, je tente d’envisager le territoire non pas comme une simple surface à exploiter ou à habiter, mais comme un espace vivant et relationnel dont nous ne sommes qu’une infime partie coexistant avec le non-humain.
J’ai commencé cette œuvre il y a un an en peignant des yeux sur des feuilles, avec l'idée simple de redonner un regard au vivant : un regard sans jugement, qui nous renvoie à notre manière de traiter la nature, loin du soin que nous apportons aux êtres humains. En découvrant le thème « Territoires vivants » du concours Résonances, j’ai eu envie de reprendre ce projet inachevé. J’ai peint huit nouvelles feuilles, que j’ai ensuite photographiées chez moi, en Normandie, un territoire auquel je suis d’ailleurs particulièrement attachée. Ce concours m’a permis d’approfondir ma démarche en peignant, photographiant, mettant en forme et précisant mon intention.
De manière plus large, j’ai une pratique artistique amateure et autodidacte dans laquelle je cherche à donner une forme visuelle à des réflexions et recherches en utilisant notamment la peinture, le collage et la photographie.
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