Notre système civilisationnel européen nous dissocie de la Nature. Qu'elle soit lointaine ou qu'elle prenne place dans notre quotidien, nous oublions trop souvent que nous en faisons pleinement parti. Cette fracture peut être physique quand nos villes se bétonisent mais elle est aussi mentale.
La question environnementale est intersectionnelle : inégalités, féminisme, précarités, santé, agriculture, justice sociale, économie, emplois... Le monde entier est concerné.
D'autant que face à l'immensité du monde, notre état naturel, sans artefacts, nous oblige à faire corps et à travailler ensemble pour notre survie. N'oublions pas que nous ne restons que de futiles formes de vie face à la très longue histoire de notre planète qui perdurera bien après notre passage. Nous courrons déjà vers la destruction de nos systèmes économiques,politiques dévastateurs.
Agir contre le dérèglement climatique doit donc être un projet commun motivé par la volonté de chacun et chacune de faire de son mieux.
J'ai recherché à créer un échange intergénérationnel entre la voix et les images en confrontant des éléments naturels (eau, flore...) à des constructions humaines (bâtiments).
Le témoignage est émouvant et plein d'espoir malgré un constat négatif sur les rapports de forces et les valeurs dévastatrices de nos sociétés. L'intérêt de la superposition d'images permet de brouiller cette frontière mentale que l'on peut ressentir (volontairement ou non).
Les images douces contrastées avec des grillages, des formes cubiques cherchent néanmoins à concilier les deux espaces. L'idée n'est pas de tout détruire mais bien de bâtir à partir de ce qui existe déjà.
Enfin, la musique et les longs plans zooms suggèrent une ambiance contemplative qui vise à réfléchir à notre place dans ce monde et à l'impact de nos choix. Parce que réfléchir à cela est déjà une victoire.
Respectons la place de chacun.e, humain, animal, végétal... Apprenons à vivre ensemble.
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