Demain…
C’est si loin et si proche à la fois, trop proche.
À la portée d’une nuit paisible pendant laquelle un lendemain est rêvé.
Cette nuit, chanceux tu y dors, malheureux tu y penses.
Mais penser à quoi ?
Aux angoisses, aux responsabilités,
Aux petits problèmes de la vie, dérisoires pour les autres mais qui vous bouffent de l’intérieur.
Ça monte, me prend aux tripes,
Je ne contrôle rien, ne peux plus l’arrêter.
Mon corps qui tremble, les larmes qui coulent, ma respiration coupée,
J’angoisse, j’angoisse, je me sens tomber.
Mais angoisser pour quoi, pour qui ?
Pour moi, les autres, hier, aujourd’hui ?
C’est ça au fond, le sentiment d’instabilité qui grandit.
Les murs s’effritent, les piliers s’effondrent,
J’ai peur, j’ai mal, je tente une respiration.
Car demain c’est quoi, c’est qui ?
Quelles motivations, qui pour me soutenir ?
Morte de trouille à l’idée de grandir
Seule, entourée, jamais, beaucoup trop vite.
C’est comme un trou noir face à moi qui me jette du futur, de l’avenir, des projets à en devenir,
Mais aussi des questions, de l’angoisse à n’en plus finir.
Perdue, instable, mais poussée vers la sortie,
Est-ce vraiment le moment de quitter mon nid ?
En ai-je vraiment envie ?
Alors j’ose,
Parce que de toute façon personne ne me demande vraiment mon avis.
Autant tous leur faire plaisir et arriver la tête haute, je suppose.
L’air de dire « Regardez-moi, j’ai mûri »…
J’ose être courageuse malgré incertitudes et souvenirs,
J’ose espérer que demain sera encore mieux qu’aujourd’hui,
Alors, je saute dans le vide.
Sans parachute.
Mieux vaut prévenir que guérir, qu’ils disaient ?
Eh bien je n’aurai qu’à guérir, faute de les avoir prévenus.
À travers ce poème, j'ai voulu transmettre mon mal-être en tant qu'adolescente, mes interrogations, mes angoisses - et elles sont nombreuses ! -, dans un monde où tout paraît instable, avec l'espoir que quelqu'un se reconnaisse dans mes mots et ait quelque chose que je n'ai pas eu pendant longtemps : la certitude qu'on n'est jamais seuls.
J'écris des poèmes notamment lorsque je me sens incomprise. Ils reflètent ce que je ressens au plus profond de moi-même, c'est quelque chose de très personnel pour moi. De ce fait, écrire ces mots sur une feuille me permettent d'avoir l'impression que je suis déjà un peu plus légitime d'exister. Donc, en voyant, le thème de ce concours, le terme "changements personnels ou psychologiques" m'a sauté aux yeux et m'a tout de suite parlé. Alors, j'ai juste écrit, comme ça, un soir, sans trop réfléchir. De ça est né ce poème : "Guérir".
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