Une forêt

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Texte

CITIES

L'oeuvre

Alba :

Au fond de mon jardin, il y avait une forêt aux milles arbres et aux milles secrets. Depuis ma plus tendre enfance, j’y passais des heures avec ma grande sœur à courir dans les chemins creux, grimper aux arbres et collectionner les feuilles. On y a été chevalières, guerrières, princesses, vikings, marchandes et Inuits. On y a créé des villes avec les arbres pour habitants et les glands pour monnaie.

Puis, au fil des années,cette forêt se transforma en refuge. J’y allais pour me confier à ma sœur et écouter ses confidences. Quand j’avais dix ans et elle treize, nous avions construit une cabane. Il y reste la guirlande lumineuse qu’on avait installé dès la dernière planche clouée. Ni amis, ni amours, ni parent ne connaissaient l’existence de ce refuge. Par un accord tacite, il était resté secret.

Lors d’un automne particulièrement pluvieux, ma sœur eu une leucémie aiguë, « un cancer du sang caractérisé par la prolifération anormale de cellules sanguines immatures dans la moelle osseuse et le sang, empêchant ces cellules de remplir leurs fonctions normales, sont évolution est rapide. » ont dit les médecins.

Il y a eu un vide, je savais au fond de moi qu’elle ne survivrai pas. Que le trajet en ambulance pour se rendre à l’hôpital serai son dernier voyage. En effet, elle s’est éteinte un soir de novembre dans son sommeil, lorsque les flocons recouvraient notre forêt. À son enterrement, je n’ai pas parlé de nous, je n’ai pas parlé d’elle, je n’ai pas parlé de moi, je l’ai seulement remercié.

Je ne suis pas retournée dans notre forêt. Je la regardai par la fenêtre de ma chambre, je la laissais mourir comme est morte ma sœur dans l’indifférence générale.


Elena :

Avec mon amie, nous avions créé un groupe. Mais pas un groupe comme ceux qu’on voit dans les séries pour enfant. Nous nous étions des activistes. Nous étions fières, nous nous sentions adulte, engagées et responsable. On se croyait un peu supérieures car nous, nous agissions. On collait des stickers antifas et on se sentait révolutionnaires. Dans notre groupe on était deux, c’est peu mais c’est déjà suffisant pour ne pas être d’accord. Nous ne voulions pas recruter. Ce groupe, c’était notre secret, notre échappatoire.

Un jour, lors d’une balade à vélo sur des chemins encore inexplorés, nous sommes entrés au détour d’un bosquet dans une forêt. Elle était belle. Il y avait des chemins mais ils n’avaient pas du être utilisés depuis longtemps car les ronces reprenait le dessus, comme si elle nous interdisaient d’y rentrer. Mais on a avancé, on a posé nos vélos et repris notre chemin. Cette forêt, semblait habitée par quelque chose de grand, quelque chose de plus grand que nous, plus grand que notre groupe de dociles activistes.

On y a trouvée une cabane délabrée où y gisait une guirlande LED. On a goûté sous son toit fragile mais protecteur. Nous avons décidé que ce serait notre QG, notre point de rassemblement. Les jours, les semaines et les mois qui suivirent, nous avons restauré cette cabane et l’avons aménagée. Lors de cette enfantine rénovation, nous avons retrouvé deux noms gravés au couteau dans le bois : Alba et Bia. Peut-être les noms de celles qui on fait vivre ce lieux avant nous.


Le message

Je voulais montrer qu'un lieu n'est jamais mort, qu'il vit toujours d'une manière ou d'une autre dans notre coeur ou celui de quelqu'un d'autre.


Le processus créatif

Je n'ai pas de processus créatif particulier, j'ai juste écris comme cela me venait.