A Djanet le temps est suspendu. Perdue au milieu du désert et des dunes qui surplombent l’horizon, le monde semble inatteignable, la civilisation devient au fil des jours un concept préfabriqué qui s’éloigne. Sans réseau, aucune nouvelles ne parvient à nous, et appelle à une inévitable déconnexion. Sans distraction, chaque moment est vécu pleinement, plus rien de vient parasiter notre relation à la terre.
Regarder ces images, c’est accepter de ralentir, d’habiter le monde plutôt que de le traverser. La composition ouvre une porte sur un réel plus juste, celui que l’on ne voit que lorsqu’on accepte de prêter attention. Celui d'une terre fragile, qui souffre, qui se réchauffe et qui réorganise la vie de ceux qui y vivent. Derrière ces paysages évoquant le sublime qui s'étend, se cache une dure réalité climatique.
La série Maghreb est née de voyages au Maroc, en Algérie, en Tunisie où, chaque fois, mon appareil photo m’accompagnait. Ma démarche est simple : capturer spontanément des fragments de vie et trouver la poésie dans le quotidien et dans une culture et des paysages que je découvre.
L’atmosphère semble suspendue, et à travers ma caméra, je saisi des instants, des sentiments et des souvenirs éphémères. Mes photos cherchent à évoquer le silence, comme si elles étaient l’arrêt d’un moment suspendu au milieu du brouhaha d’une vie palpitante et remplie. La série se veut comme figée, hors du temps.
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