Notre territoire

Mariama Diop

Texte

CITIES
CONSUMPTION
WATER_LIFE
EARTH_LIFE
PEACE
CLIMAT

L'oeuvre

Notre territoire
Par Maria
Notre territoire.
On dit toujours que la Terre est là.
Qu’elle a toujours été là.
Qu’elle le sera toujours.
Mais est-ce vrai ?
Restera-t-elle vraiment si nous continuons ainsi ?
On dit que l’environnement, ce sont des arbres,
des plantes, des animaux.
Mais ce n’est pas seulement ça.
C’est l’air qu’on respire sans y penser,
l’eau qu’on boit sans remercier,
la nourriture qu’on mange sans se demander d’où elle vient.
C’est tout ce qui nous entoure
et tout ce qui nous maintient en vie.
Pourtant, on le laisse.
On le laisse se détruire doucement.
On dit : “ce n’est pas grave, quelqu’un d’autre le fera.”
Toujours quelqu’un d’autre.
Jamais nous.
On parle d’argent, de progrès, de modernité.
On parle de croissance comme si c’était vital.
Mais quand le dernier arbre tombera,
quand le dernier animal disparaîtra,
est-ce que l’argent nous donnera à manger ?
Est-ce qu’il nous donnera de l’air ?
Je ne pense pas.
On avance comme si de rien n’était.
On jette, on consomme, on remplace.
On crée des choses nouvelles,
des technologies, des machines,
des intelligences qui apprennent plus vite que nous.
On dit que c’est le futur.
Mais à quel prix ?
Un futur brillant sur un sol vide
reste un désert.
On dit parfois que les animaux ne ressentent rien,
que la nature se régénère toujours.
Mais même s’ils ne parlaient pas,
même s’ils ne criaient pas,
c’est grâce à eux que nous sommes là.
Et on l’oublie.
Quand je regarde devant moi,
je vois des villes qui grandissent
et des forêts qui rétrécissent.
Je vois des poches qui se remplissent
et des terres qui s’épuisent.
Plus le temps passe,
plus on ressemble à des robots programmés
pour vivre une vie décidée par d’autres,
une vie qui détruit notre propre maison.
Sommes-nous conscients
ou juste habitués ?
Peut-être que la Terre ne nous appartient pas.
Peut-être que c’est nous
qui lui appartenons.
Et peut-être qu’un jour,
si nous continuons à l’ignorer,
elle continuera sans nous.
Ainsi soit-il.


Le message

Que la Terre n’est pas juste un décor. Que ce n’est pas “quelque chose à côté de nous”, mais ce qui nous permet d’être là. Je veux faire ressentir une inquiétude, non pas pour faire peur, mais pour réveiller un peu. Mon message, c’est que l’argent, le progrès, tout ce qu’on construit, n’aura plus de sens
si on détruit ce qui nous fait vivre.
Je veux montrer qu’on agit souvent
comme si tout était infini, alors que rien ne l’est. Et surtout que l’indifférence est dangereuse.
Que dire “quelqu’un d’autre le fera”
revient à ne rien faire du tout.
c’est un texte pour faire réfléchir.
Comme une question posée au monde :« est-ce qu’on se rend compte de ce qu’on perd ? »


Le processus créatif

Ça vient plus d’un ressenti que d’une recherche. C’est une accumulation de pensées, de choses vues, entendues, lues.
Je n’ai pas cherché à être parfaite,
j’ai surtout voulu être sincère. J’ai écrit comme on pense, avec des questions, des répétitions, des images simples. Le texte s’est construit comme une conversation intérieure. Un mélange de colère calme, de tristesse discrète
et d’attachement profond.
Je n’ai pas voulu donner des solutions, juste poser un regard. Un regard humain, un peu fatigué, mais encore conscient.