Voiles vivantes

Maud Lafaye

Photo

WATER
WATER_LIFE
PEACE
CLIMAT

L'oeuvre


Le message

"L’océan ne m’appartient pas : c’est moi qui lui appartiens", me sourit Festus, navigateur de ce dhow (bateau traditionnel), déjà là il y a 2000 ans et construit à la main.
L’homme ne fait pas la guerre à l’océan (« not war »). Sa voile zéro carbone embrasse le vent (« make love ») pour se diriger, se plier aux marées et aux courants. La voile, marquée par le temps, devient symbole d’un territoire vivant où humains et nature coexistent, aujourd’hui et demain. Mais l’océan réagit à nos choix : réchauffement, pollution, surpêche. Comme cette voile usée, il garde les traces de nos actions. Pourtant, Festus regarde l’horizon avec confiance. Confiance qu’il puise dans l’histoire de Lamu, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Lamu a une culture métissée, façonnée par des siècles d’influences. Arabes, Omanais, Persans, Indiens, Chinois, Portugais et Britanniques y ont laissé leur empreinte. Ce mélange en a fait un territoire vibrant où les frontières semblent abolies.


Le processus créatif

Quelles leçons retenir du passé (« make love, not war ») pour construire un avenir durable ?
Pour symboliser le temps qui file et la transmission, j’ai réalisé ce triptyque avec un appareil argentique (Minolta Dynax 800 SI) hérité de mon père, qui m’a également transmis sa passion pour la photographie. De même, les techniques de navigation traditionnelles non polluantes à Lamu sont héritées de génération en génération.
L’espoir d’un monde meilleur à l’horizon 2030 ne doit pas faire oublier l’urgence d’agir dans un monde qui s’embrase. J’ai ainsi utilisé une pellicule expérimentale LomoChrome Turquoise 35, dont la chimie transforme le réel en teintes orangées, comme un paysage en tension.
Ce triptyque s’inscrit dans une série photographique réalisée à Lamu. Après un stage en journalisme au Kenya, je suis partie seule explorer cet archipel, à l’écoute des récits et observatrice des gestes qui façonnent les territoires vivants. Mon premier voyage en solitaire, au cœur du collectif.